[ AaRON - Little Love ]

[ AaRON - Little Love ]


Elle avait ce sourire , ce sourire mélancolique , avec de si petites dents blanches et polies , de si petites quenottes mises au hasard dans sa bouche , un si petit sourire d'enfant . Elle avait cette légèreté innoncente que je ne voulais que retenir . Parfois ses yeux s'allumaient un instant , et la beauté du monde se lisait dans ses pupilles . Nous tombions tous à ses pieds , nous nous abaissions , nous la supplions de nous laisser une minuscule minute de son enfance . Quelques fractions de seconde qu'elle retirerait délicatement de sa poche , et qu'elle déposerait avec la confiance bénite des petite fille dans nos pauvres paumes rugueuses . Parfois quelques mèches de ses cheveux blonds venaient cacher son regard serein , et nous considérions cet acte comme un crime . Il nous arrivait de ne plus respirer lorsque , avec toujours cette confiance aveugle , elle se laissait aller contre nos pauvres corps de nigauds trop grands . Elle était pure de tout , salie de rien . De nos beuglements , de nos geremiades , elles faisaient de douces mélodies . Ses faussettes juvéniles nous souriaient , et nous plus alors que de pauvres gosses que leur mère venait réconforter . Nous la touchions tous , comment faire autrement ? Sa peau avait été créé pour recevoir nos caresses maladroites , il nous suffisait de l'effleurer une seconde pour retrouver notre foyer originel . Elle était notre foyer . Elle était cette enfant qui ne nous demandait rien , pas même de la regarder , et qui était d'une humilité angélique . Lorsque nous posions nos gros doigts d'adolescents sur elle , son visage entier se changeait et une joie naïve naissait sur ses lèvres . Alors silencieusement , juste en clignant des paupières , elle nous remerciait de daigner l'aimer . Elle semblait surprise à chaque fois . Comme ces jeunes filles qui se réveillent un jour en découvrant dans les yeux des hommes , le reflet d'un charme insoupcçonné . Nous l'aimions tous . Pour un battement de cil , nous nous serions tous jetés des plus hautes montagnes , nous aurions franchi les plus hauts sommets , nous aurions tué , nous aurions ressuscité . Sa beauté nous rendait meilleur nous en avions la certitude . Nous pauvres hères , étions à ses côté , d'extraordinnaires héros . Tout du moins , nous le croyions . Felicie , nous t'aimions si fort . Nous t'aimions à nous en rendre fou . Felicie , petite fille que tu étais , gamine insouciante , gosse entêtée , petit amour , Félicie , tu savais comment nous t'aimions . Felicie , petite enfant , minuscule amie , Félicie . Pourquoi tu l'as mis contre ta tempe ce fusil ?

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 20:48

[ LaRoux - Bulletproof ]

[ LaRoux - Bulletproof ]


Tu te moques de moi ? Tu oses , tu oses , tu oses gamin que tu es , importuner ma vision avec tes tergiversions adolescentes ? Quoi ? Quoi ? Quel est ton problème enfant inconscient ? Tu n'as pas ce que tu désires ? Apprends que la vie c'est dure gamin , apprends qu'on a jamais ce qu'on veut . Tu tires la gueule . Voilà , tu me tires une de ses gueule qui me donne envie de te descendre . J'aurai un flingue , je te descendrai . Je suis seule , il pleut sur Paris . Il pleut sur moi . Il pleut , et tu tires la gueule . Je crois que je te hais quand je te vois comme ça . Tu agis pour ton seul plaisir , tu te permets , tu te permets de me dire que tu la désires . Connard . Alors je cours , je cours , je te laisse tirer la gueule et tirer sur ta clope . Tu es médiocre. Tu m'écoeures . Tu m'obsèdes , il faut tuer ton image . Il faut s'étourdir , il faut m'étourdir pour ne pas mourir .
Il a plut sur Paris , il a plut sur moi . La solitude me terrasse un instant , et ton regard indifférent , c'est exactement comme sauter dans le vide . Le vide , le vide , le vide . S'étourdir pour ne pas avoir à mourir . Je serais invincible , tu ne m'auras pas , tu ne m'auras pas . S'étourdir pour ne pas avoir à mourir , mourir de trop s'étourdir , s'étourdir à en mourir , s'étourdir , mourir . Mourir .

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 15:18

[ Damien Rice - When Doves Cry (Prince cover) ]

[ Damien Rice - When Doves Cry (Prince cover) ]

Je suis si extenuée , les yeux révulsés . La course continue , je me fais devancer , je crache je hurle j'enrage . Je ralentis une seconde , et la course reprend de plus belle . L'arrivée est toute proche , elle est à des milliers d'année de mon corps grinçant . Mon rythme devient plus lent , je sens une main me pousser , continue , continue , il faut continuer à courir . Le coeur qui bat si fort , le coeur qui s'arrache de ma poitrine , souffrance . Accelerer , si , je suis bientôt arrivée . Mes jambes qui ne me portent plus , douleur . Mes poumons se contractent et déjà l'air ne passe plus . Arrêt . La main dans mon dos , il faut continuer , continue , encore continue . Un crachat . Ne me touche pas , laisse moi . Laisse moi je te dis , je ne courrais plus . Continue , continue , il faut continuer . Fous moi la paix . Ne m'approche pas , cours toi si tu en as la force . Je suis vide , mes muscles sont atrophiés , ma respiration coupée . Ne m'approche pas , je suis laide et vieille . Je suis née il y a quelques secondes mais j'ai vécu un millier d'année . Ne me regarde pas , je t'en supplie , je ne veux pas que me vois . Je suis seule à nouveau , seule au milieu de la route . Je ne suis pas au bord de la route , je ne veux pas qu'on m'oublie , je veux qu'on trébuche sur mon corps flasque , je veux qu'on s'attendrisse pour ma faiblesse . Je suis forte pourtant , forte à en faire trembler les murs . Forte à en faire pleurer les vaillants , mais voilà . Dans ma tête , il y a cette stupide image de toi , tu vois tu m'as dépassé alors que je suffoquais , une oeillade , un geste , même pas . Rien , tu as continué ton chemin , ton stupide chemin . Tu as continué à courir après l'impossible . J'étais ta possibilité et nous me detestions tous deux pour cette raison . Moi la fille forte , la fille garçon , la fille belle et moche , moi l'impossible , je devenais plausible en ta compagnie . Mon coeur me lance . Je souffre . Tu es loin maintenant , je sais , je le sens , que plus jamais je ne te rattraperai . Alors , autant s'arrêter de courir . Rien ni personne ne m'attend à l'arrivée . Autant m'arrêter . Autant m'allonger . Autant abandonner . Oui , vraiment , je ferais mieux de pleurer . Goûter le brevage de mes larmes une première et dernière fois . Tu l'as brisé , mon coeur douloureux , petit inconscient . Allez , allez va , quitte mon esprit . Je ne veux pas savoir dans quelles bouches ta langue va se fourrer , petit être grotesque . Je ne veux plus jamais entendre le son nasillard de ta voix . J'abandonne , je renonce , je tire un trait sur ce qui n'a jamais existé . En soit , je déchire une page blanche , je te dis bonjour et au revoir . Je te dis mon nom et t'annonce que nous ne nous reverrons jamais . Assise au milieu de ma route , je meurs je crois .

Toute ressemblance avec la réalité serait fortuite .

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 09:07

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 14:48

[ The Go! Team - Huddle Formation ]

[ The Go! Team - Huddle Formation ]



Quintessence de l'inconscience , innocence. La réalité a un goût d'euphorie . Chausse tes escarpins , allons rêver nos vies . Niaiserie du mensonge . Cernes creusées gloss délicieux . Petits enfants vont vous raconter une histoire . Des histoires qu'on raconte dans le noir . Désespoir .
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# Posté le dimanche 15 novembre 2009 09:57

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 12:02